Un retour aux sources

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J’ai envie de commencer cet article par une belle photo, celle de Jessica avec son chien et son super tote bag ! C’est bien grâce à cette photo que j’ai découvert World of Kolpa en 2013. Jessica présentait donc son beau tote bag qu’elle avait reçu chez elle, à Washington depuis le Népal.

Arrivée en septembre dernier à Kathmandu, je me suis dit que ce serait sympa de rencontrer le créateur de la marque. Cela a donc été chose faite, autour d’un café à Top of The World Coffee.

J’ai donc fait la rencontre de Rabi Malla ce jeudi. Quand il est arrivé, j’ai tout de suite repéré son sac à dos, le modèle « Arju » de sa collection. Nous passons commande et ma première question a bien entendu était la suivante

 

Comment est né World of Kolpa?

J’avais la profonde envie de développer quelque chose, une entreprise, une marque liée à l’artisanat du Népal. Ce projet trottait déjà dans ma tête depuis 2006 mais dû aux différents conflits et à l’instabilité politique au Népal, j’ai décidé d’attendre. Entre-temps, j’avais tout de même initié quelques ventes d’artisanats entre le Népal et les Etats-Unis où j’ai obtenu ma licence et mon master en IT. C’est en 2011 que j’ai finalement décidé,  avec ma femme et mes enfants, de m’installer au Népal pour lancer la marque. Cela me tenait vraiment à coeur d’y retourner pour débuter ce projet, par amour de mon pays natal.

Comment est-ce que tu as tissé les liens avec tes différents artisans ?

Au tout début, avant même de commencer les designs, j’ai passé beaucoup de temps à comprendre et faire des recherches sur les matières premières, les tissus disponibles. Je visitais différents ateliers, j’allais à la rencontre d’artisans qui puissent tisser, coudre et développer les premiers produits de Kolpa.

A ce jour, je travaille avec une centaine d’artisans présents dans 8 régions différentes du Népal. Je trouve ainsi la belle laine de mouton transformée en écharpes (voir photo sur la home) faites par les artisans de la région de Darchula. Le cuir est travaillé par des artisans de Sindhupalchowk, la fibre de cardamom travaillé et tissé par une communauté de la ville de Tapeljung et le beau allo (l’ortie de l’Himalaya) en provenance de la région de Sankhuwasabha.

De mon point de vue, j’ai voulu donner du travail à ces artisans qui travaillent de chez eux, qui ont des compétences et du talent, afin qu’ils évitent de partir à l’étranger. De plus j’aime beaucoup travailler avec des matières naturelles que l’on trouve localement, donc proches du lieu de vie des artisans pour qu’elles puissent être transformées grâce aux techniques d’artisanats apprises de génération en génération.

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Quand je regarde le sac de Jessica, la question qui me vient à l’esprit est « pourquoi avoir choisi le dessin du vélo » ?

Quand j’ai développé ce tote bag, je voulais que le dessin puisse parler à un plus grand nombre de personnes. S’il s’agissait d’une stuppa ou d’un temple (qui sont des éléments liés à la culture du Népal), cela aurait parlé aux personnes qui aiment le Népal ou qui l’ont déjà visité. Par le biais de ce dessin, le premier vélo Bi, je voulais montrer quelque chose de différent, un peu vintage et qui puisse toucher aussi une audience plus large. Je pars aussi du principe que je propose les mêmes articles au Népal comme à l’international et je trouve bien qu’ils ne restent pas toujours figés dans le temps; cela change !

Quand tu développes un produit, quelle est ta principale exigence ?

La qualité est très importante à mes yeux. Je ne veux en aucun cas que mes clients puissent penser que « c’est pour la bonne cause, tant pis pour les finitions ». Non je n’attends pas de la compassion. J’exige que le niveau de mes produits soit le même que d’autres que l’on trouverait dans une boutique à New York. C’est la raison pour laquelle je passe beaucoup de temps avec les artisans, je leur explique les finitions que je souhaite, je teste la solidité des fils avant qu’ils soient tissés. Il m’est déjà arrivé de me retrouver avec des tissus perdus ou restés en stock chez moi, parce que je ne souhaitais pas les mettre à la vente.

Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à un futur entrepreneur, un designer qui lancerait sa marque au Népal ?

Tout d’abord, je lui conseillerai d’avoir un objectif clair et précis; de pouvoir développer des produits qui découlent de cet objectif et de ne pas en dévier. Je lui conseillerai aussi de ne pas courir après l’argent, ce facteur vient souvent tout gâcher.

Il faut penser à développer des produits uniques grâce au talent des artisans. C’est justement en étant créatif et sans penser au « business » pur qu’il est possible de développer des designs qui puissent s’avérer être un vrai succès !

Depuis que tu as commencé Kolpa, quelle est ta plus grande satisfaction ?

C’est de voir mes artisans heureux et de les voir contribuer à la marque de Kolpa. Après tout c’est grâce à eux que la marque existe, grâce à leur talent et leur passion !

 

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Voilà, c’est la fin mais si vous avez toutes autres questions à poser à Rabi, pas de frustration, voici les informations de la page Facebook, de la superbe boutique en ligne et son email (lui écrire en anglais) si vous avez toutes questions.

Je peux vous dire que cela a été un plaisir de  discuter avec Rabi qui est une personne humble, passionnée et curieuse envers les artisans et l’artisanat népalais. Je pense aussi que cette expérience lui a permise d’avoir un réel retour aux sources.

Et pour la petite histoire, Kolpa vient du mot « en raccourci » de Kolpakot (appelé aujourd’hui Jhaukhel), situé à 2 km de Bhaktapur, là où Rabi est né et a grandi.

Pour ceux qui auraient flashé sur le sac Urja, posé discrètement sur la chaise à droite, vous trouverez la nouvelle version, Urja-2 , en cliquant sur la photo ci-dessous.

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